La croisière s'amuse

Publié le par Malice

Lorsque vous regardez Polilo Island sur une carte, vous vous dites que c’est super car ça n’a pas l’air très loin de Manille… En effet, ce n’est pas loin, mais pour s’y rendre c’est quand même toute une histoire ! Notamment avec cette traversée de 3h en bateau…


En arrivant au port vers 6h je suis non seulement la seule blanche, mais en plus la seule femme ! "Tiens, voilà au moins trois minutes que je suis ici et personne ne m’a encore demandé où j’allais..." A peine le temps de m’amuser de cette pensée qu’on me pose les questions habituelles ! J’avoue, cette fois-ci, j’ai répondu « married » ! Je demande le bateau pour Anawan et n’obtient pour seule réponse que des « wala pa », « wala pa » (ce qui signifie « pas encore »). J’en profite pour prendre quelques photos à la grande joie de tous !


Quelques minutes plus tard les « Hey Alice, this one ! » commencent à fuser, m'indiquant un bateau qui arrive du large. Je comprends que c’est celui-ci qui repartira deux heures plus tard pour Burdeos, une fois les diverses marchandises déchargées, puis chargées !

 



Le bateau en question c’est celui-là :

 



Voilà, donc quand on vous a répété que les vagues sont énormes à cette saison (c’est le Pacifique), qu’il arrive que les bateaux coulent, que les vendeurs essaient de vous refourguer des « emergency light » « just in case », vous ne paniquez pas mais vous faites quand même votre sac à main (celui que vous garderez sur vous en cas de naufrage) avec comme ligne directrice « Si j’échoue sur une îles, qu’est ce qui pourra m’être utile ? ».


Je me souviens avoir écrit une rédaction sur ce sujet à l’école primaire… Qu’avais-je bien pu répondre ? Et puis il y a aussi ce jeu qui me revient à l’esprit ; vous savez celui où il faut classer les éléments par ordre d’importance si le bateau sur lequel votre équipe se trouve fait naufrage ; donc penser à garder l’essence et le briquet pour mettre le feu à la mer, le miroir pour faire des signaux… Argh… Mais comment vais-je faire, je n’ai rien de tout cela sur moi !


Je me rassure en me disant qu’au niveau provisions c’est bon : la RP du programme précédent m’a donné une bouteille d’eau, des fruits, des bonbons… Je rajoute ma lampe frontale (les piles tiendront-elles avec l’eau ?) et ma lampe-boussole à énergie solaire (oui je sais, ça impressionne !)…  Allez, c’est parti !


Je regarde autour de moi, afin de trouver la position à adopter. Elle s’impose d’elle-même : le bras posé sur le dossier de devant et la tète sur le bras. Ca va, c’est assez confortable mais de là à s’endormir… Je regrette de ne pas posséder l’aptitude, si courante ici, de s’endormir dans n’importe quelle position !

  
Je passe donc trois heures à m’extasier sur la couleur de l’eau, à rire lorsque trois personnes endormies sur le bord sont réveillées en sursaut par la grosse vague qui éclabousse tout le bateau, puis à me concentrer et à me demander quelle est la meilleure méthode à appliquer pour ne pas avoir le mal de mer : regarder dehors ou fermer les yeux ??


La mer se calme, nous approchons des côtes, puis acostons ! Il faut ensuite attendre que toutes les jeeps soient chargées pour prendre la seule route en direction de Burdeos, trajet qui peut varier de 1h à 3h en fonction de l’état de la route ! Ce sera 1h30 cette fois-ci et heureusement, car un énorme orage éclate juste à mon arrivée : éclair et tonnerre explosent en simultané faisant trembler les murs… Brrr !! Décidément, vivement la saison sèche !!!

Sr Emma, la responsable du programme, m’apprend que nous repartons dès le lendemain alors que je pensais rester 2 jours… La bonne surprise ! Le départ est prévu à 2h45 du mat’.


Lorsque nous arrivons au ponton, 1h30 plus tard, c’est assez féérique : il fait nuit noire et la mer est très calme. Tout le monde est silencieux, on entend simplement le clapotis des vagues. En traversant le ponton, j’aperçois l’eau transparente sous mes pieds. Je lève les yeux et découvre à ma gauche un ciel illuminé de millions d’étoiles. A droite, le ciel noir et épais se zèbre régulièrement d’éclairs. L’orage semble puissant, mais il est loin, on ne l’entend même pas gronder.

Nous montons dans les premières. La température de l’air est agréable, je suis en T-shirt et porte un foulard. Je souris en voyant une femme avec un bonnet fourré !

 

Tout le monde prend place sur les bancs en bois, certains parlent fort. Le moteur se met en route, la musique est à fond… Nous pouvons partir !



Impossible de dormir bien sûr, mais je ne le regrette car peu à peu les étoiles s’éteignent pour laisser place à un spectacle tout aussi réjouissant :

Ca y est, il fait jour, nous arrivons ! Les hommes guettent l’arrivée du bateau, je retrouve l’agitation de la veille, me voilà arrivée à bon port !

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marie france oldra 30/10/2009 11:10


Merci Alice pour la beauté de tes photos,le ciel et tous ces sourires!!!merci aussi pour tes commentaires pleins d'humour ...et de tendresse!


maman 29/10/2009 12:21


ma question n'était pas "là-bas aux Philippines" mais "là-bas à Polilo": on a l'impression que tu n'y as fait qu'un aller-retour...


Malice 29/10/2009 13:54


Aaaaaaaaaaaaaahhhhhh !!!!!! J'y ai passé 1 jour et demi, j'ai rencontré la RP et certains filleuls : une qui était malade, les 4th years high school pour leur orientation, visité l'école... Non,
non, ça vallait le déplacement :-)


maman 26/10/2009 18:37


"C'est l'aventure!" mais qu'es-tu allée faire là-bas?


Malice 29/10/2009 11:48


Non mais faut relativiser, j'aurais très bien pu écrire ça sur un voyage en avion ;-)